Oui, je veux encore croire au Père Noël !

Je souhaite qu’il dépose au pied de mon sapin, une solution pour les PME en croissance : le prêt BFR… comme Besoin en Fonds de Roulement.
Indiquons la règle générale : les banques dont la BPI prêtent à hauteur des fonds propres.
Partons maintenant d’un cas que nous connaissons bien chez Kapitalium : une entreprise qui n’a pas encore ouvert son capital, dont les fonds propres sont relativement bas et qui reçoit une commande significative de la part d’un géant mondial de l’industrie agro-alimentaire. Admettons pour cette commande un cycle de production de quatre mois. Comment la PME peut-elle intervenir au profit de son client qui va payer à environ 60 jours après livraison ? Même avec un acompte de 10% à la commande, et en incluant sa marge opérationnelle, l’entreprise n’a pas les moyens  d’auto-financer sa croissance entre la commande et la facturation. A partir de la facturation, il n’y a pas de problème, le factor peut prendre le relais… mais avant ?
KAPITALIUM propose que la mise en place d’une ligne bancaire BFR, cela constituerait une révolution économique dans la mesure où les banquiers ne savent pas, pour le moment, financer l’immatériel, et aussi parce que ce dispositif permettrait de gagner des points de croissance. Il faut financer à partir du carnet de commandes et non pas à partir de la facturation.
Je vais vous confier un secret. Il ya quelques semaines, j’ai rencontré une conseillère politique, je lui ai soumis cette idée. J’espère qu’elle a entendu cette proposition et qu’elle sera relayée au plus haut niveau de l’Etat.
Joyeuses fêtes à tous !

Le conseil, une force pour les entrepreneurs ambitieux.

Il y a un terme que je déteste, c’est « leveur de fonds ». Le seul leveur de fonds, c’est le dirigeant de l’entreprise éventuellement aidé par ses associés et son équipe, par exemple le DAF peut jouer un rôle premier dans la procédure d’approche des financiers. Alors, pourquoi se faire accompagner par un conseil (et non pas un intermédiaire qui ne fait que de poser un dossier dans un bureau!) ?

Les réponses sont multiples. Il faut savoir écrire un mémorandum, raconter l’histoire des hommes clés, présenter les produits et services, aborder le marché, étudier la position de la PME par rapport à ses compétiteurs, mettre en évidence la richesse des partenariats, exposer les stratégies commerciales et/ou industrielles, évaluer le besoin en apports (donc veiller à la dilution au capital), optimiser le montage (répartition haut et bas de bilan par exemple), sélectionner le futur associé (tous les fonds d’investissement ne recherchent pas le même objectif, pour réussir le mariage il faut mettre en évidence l’alignement d’intérêts entrepreneur-investisseur), valoriser l’entreprise, négocier les termes du pacte d’actionnaires, préparer les audits juridiques et comptables, et j’en passe.

Certains petits malins tentent l’aventure en solo, la plupart du temps ils échouent, le mémorandum et le business plan n’étant pas crédibles. Les sociétés de capital-investissement voient passer des comptes de résultat prévisionnels, des plans de financement et des tableaux de trésorerie qui font rire ou pleurer selon l’humeur du moment. Je n’ose même pas indiquer le pipeline commercial, quand il existe, 9 fois sur 10, il est trop optimiste. L’inertie, c’est une réalité du monde des affaires, elle peut, en seulement quelques mois, gommer la preuve du concept, l’analyse du reporting s’opérant chaque mois, le cycle entrepreneurial pouvant être de 3 ans ou plus.

Les financiers et les entrepreneurs ne parlent pas souvent le même langage, certains sont la tête dans les compteurs, d’autres dans l’opérationnel, les objectifs sont les mêmes, les méthodes pour y arriver peuvent être qualifiées de complémentaires, d’où la richesse du mariage à condition que les deux partagent des valeurs communes et posent des bases solides sur le contrat qui les unit.

Notre métier de conseil va évoluer. Les conseils doivent davantage devenir des révélateurs de talents entrepreneuriaux et mieux délivrer aux investisseurs une analyse économique des PME à fort potentiel de croissance. Les conseils auront, et de plus en plus, le rôle de préparer les chefs d’entreprises à l’oralité des échanges entre deux mondes : celui de l’économie et celui de la finance. Le plus beau des business-model ne constitue pas la preuve de la capacité à exécuter, c’est cette dernière brique qui bloque souvent la décision des investisseurs. Il y a toujours un risque, il peut-être humain, macro-économique, législatif, de réputation ou autre, tant d’éléments non financiers. En ce moment, nous célébrons les succès en termes de levées de fonds, mais ces moyens emmèneront les entreprises d’un point A à un point B, l’imagination les emmènera partout.

START-UP est devenu un buzz word !

Selon Kapitalium, une start-up est une entreprise construite pour la croissance. Son modèle est scalable et profitable, sa source de revenus est prédictible, son activité peut être autre que numérique (par exemple, elle peut reposer sur une rupture sociologique ou bien appartenir au secteur bio-médical). L’innovation fait partie de son ADN, et enfin c’est une entreprise et non pas seulement une idée. Tout le monde a des idées, la véritable réussite c’est de bien savoir les mettre en oeuvre. 

Certaines start-up ne connaitront jamais la croissance, nous devrions les appeler les start-blocked. Nous vivons une formidable et étrange révolution, mais la digitalisation ne constitue pas une création au sens pur. Par exemple, les sites de rencontres via internet ne sont que la suite moderne des agences matrimoniales qui elles-mêmes prenaient la place des marieuses. Certaines entreprises grossissent rapidement sous l’effet de subventions publiques, nous préférons celles qui bénéficient du dynamisme du marché, le risque d’explosion étant plus élevé dans un cas que de l’autre, c’est le client qui assure la pérennité du business.

Nous venons d’aider une start-up à signer un premier tour de levée de fonds, nous allons essayer de répliquer ce type de début de réussite, mais nous voulons dire aux jeunes entrepreneurs qui appartiennent à des secteurs économiques traditionnels, qu’eux aussi ont de la valeur.

Vive les start-up, vive les jeunes entreprises, vive les vieilles entreprises aussi !  

Le travail en voie de disparition ? Non, en voie de transformation !

Cette semaine, nous avons décidé de ne pas écrire sur une matière première au sens strict du terme, mais sur l’Homme, qui, peut être exploité, sous-exploité, surexploité voire pas exploité du tout.

Pourquoi ? D’abord, l’Homme, de par son action, est le premier vecteur de créations de richesses. Ensuite, parce que la place de l’Homme dans l’entreprise va évoluer considérablement dans les années à venir. Dès le début de l’humanité, nous avons travaillé, ne serait-ce qu’en chassant pour nous nourrir. Les secteurs agricoles et industriels ont bénéficié du courage de milliards de productifs. Aujourd’hui encore, nous restons centraux dans l’économie mondiale, même si nous n’avons pas la même « valeur sociale », selon le lieu où nous travaillons, selon notre niveau de qualification, selon notre expérience, selon notre capacité physique ou intellectuelle et, selon notre talent.

Demain, je pense que l’Homme va perdre sa prédominance. Notre écosystème économique et social va être bouleversé par le développement de la robotisation et de l’intelligence artificielle. Il faut savoir, qu’à l’horizon 2050, 50% des emplois seront automatisables. En clair, les machines vont concevoir, produire, écrire, calculer, traduire, c’est-à-dire que l’homme ne pourra plus se plaindre d’être fatigué par l’effort contraint. Il le peut déjà de moins en moins. Tous les métiers vont, plus ou moins, être concernés par cette révolution. Il existe plusieurs manières d’analyser le futur de l’Homme, certains voient le KO (la peur du chômage), d’autres voient l’occasion de mieux profiter du temps de vie. Je ne vais pas m’aventurer dans ce débat, mais seulement rappeler le besoin d’accomplissement et de reconnaissance que nous retrouvons chez nombre d’entre nous.

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Nous devrions réfléchir au revenu universel, mais pas seulement. J’y suis personnellement opposé, pour une raison simple : je crois au génie humain, plus précisément en notre capacité de création. Nous saurons probablement « vendre » d’autres formes d’actions que le travail tel que nous le connaissons aujourd’hui. L’enjeu se situe ailleurs. La première question qui se pose est celle des relations humaines, pas des DRH et de leurs collaborateurs (encore que…), il s’agit des échanges entre tous. Je regrette l’absence absolue d’un laboratoire de l’évolution des métiers et d’une démarche prospective sur ce sujet majeur des nouvelles formes de travail à identifier. Je propose l’ouverture d’un pôle comprenant des sociologues, des experts techniques, des entrepreneurs et des salariés dont l’objectif principal serait de dessiner l’avenir des forces vives. Dans quelques années, comme les employés agricoles jadis, comme les ouvriers d’usines il y a quelques années, des millions de professionnels vont passer à la trappe, devenus « inutiles » donc transformés en simple variable d’ajustement à tel point que le ratio consommateurs-producteurs s’exprimera sur un facteur d’environ 25.

Quand je lis l’histoire de l’Homme dans l’économie, je vois cela : une période équilibrée et naturelle pour notre organisme (pour simplifier, celle de la chasse), deux périodes plus violentes pour notre corps (celle de l’agriculture intensive puis celle de l’industrie), puis, une période à venir constituée de temps libre anxiogène pour notre psychisme.

Nous allons repenser la place de l’humain dans ses rapports sociétaux, nous allons donner une place plus large à l’acquisition de la connaissance dans une société technologique ultra élaborée, nous allons parvenir à limiter nos activités et donc stopper le réchauffement climatique qui nous condamnerait s’il devait perdurer, nous allons réguler notre démographie ou étendre notre espace de vie à d’autres planètes, nous allons certainement (même si cela choque) sélectionner les humains en fonction de leurs propriétés (le séquençage de l’ADN est autorisé dans de nombreux pays), nous allons assister à la naissance de machines créées par d’autres machines, ou de robots, capables de produire à l’infini, pour tous, sans jamais s’user.

L’homme n’est pas une première matière, c’était LA matière première. Il s’en est plaint depuis toujours. Il va perdre cette fonction et il se demande ce qu’il va devenir, il continue de se plaindre, autrement. Ce billet hebdomadaire peut vous sembler un peu excessif, ou du moins présenter une face « science fiction » difficile à maîtriser pour notre cerveau à l’instant T, je l’assume. Je prétends néanmoins que le fond de cet écrit est bien plus essentiel que le prix du transfert et le salaire de Neymar, d’ailleurs, cet homme n’incarne t-il pas l’exemple que nous pouvons gagner de l’argent en jouant ?

Laurent GUIBERT, Directeur-associé de KAPITALIUM.

Les déchets, des biens qui s’échangent (presque) comme les autres (Le Point – 29/07/2017)

Cet été, les économistes de KAPITALIUM ont décidé d’écrire à propos des matières premières. Il existe un sujet rarement abordé, celui des déchets concernant les matières premières. Le journal LE POINT vient de publier un article intéressant sur ce sujet, nous avons donc décidé de le porter à votre connaissance :

Source

Bonne lecture et à lundi prochain avec un billet concernant la « matière première » la plus exploitée au monde : l’Homme !

Le safran, l’or rouge !

Le crocus sativus se cultive, il donne du safran, épice appelée « or rouge ».

UnknownIdentifié par les grecs il y a plus de 35 siècle, le safran est aujourd’hui répandu au Moyen-Orient. Inutile de vous préciser son principal usage, la cuisine. Il est aussi utilisé comme parfum, teinture et médicament. La production annuelle mondiale se limite à 300 tonnes, principalement de la Mer Méditerranée au Cachemire. L’Iran représente environ 80% de la production mondiale actuelle, l’hégémonie de ce pays, sur ce secteur, augmente en raison du faible coût de la main d’oeuvre. Le deuxième pays producteur est l’Espagne. En Provence, 90 petits producteurs sont recensés, avant la Révolution, ils étaient bien plus nombreux.

En BtoB, le safran se négocie, au plus bas, environ 2000€ par kilo. En BtoC, au détail, le prix se situe entre 25000€ et 40000€ le kilo. Plus cher que l’or et le caviar. Cette valeur est-elle justifiée ? Il faut 200 000 fleurs de Crocus sativus pour obtenir 1 kg de filaments. Une heure est nécessaire pour cueillir 2 000 fleurs et 5 heures pour en récupérer les filaments, et cette culture n’est pas mécanisable. Il existe plusieurs qualités de safran, la norme ISO 3632 permet d’évaluer la concentration en crocine (couleur), picrocrocine (goût) et safranal (parfum).

L’offre actuelle ne comble pas la demande, l’investissement est relativement faible, le climat français est particulièrement favorable à la culture de cette épice. La rentabilité d’une exploitation est assurée, a fortiori, quand celle-ci est de grande qualité, le luxe ne connaît pas la crise. Alors pourquoi certains agriculteurs ne se reconvertissent pas ? La réponse est simple, la France ne manque pas de chômeurs, mais elle manque d’ouvriers agricoles. Il convient d’écrire aussi que l’union Européenne n’offre pas de subventions pour cette récolte, certains producteurs préfèrent l’argent du contribuable à celui du travail. En économistes passionnés par l’offre innovante et qualitative, nous imaginons déjà nos vastes campagnes couvertes d’un voile de safran…