Le travail en voie de disparition ? Non, en voie de transformation !

Cette semaine, nous avons décidé de ne pas écrire sur une matière première au sens strict du terme, mais sur l’Homme, qui, peut être exploité, sous-exploité, surexploité voire pas exploité du tout.

Pourquoi ? D’abord, l’Homme, de par son action, est le premier vecteur de créations de richesses. Ensuite, parce que la place de l’Homme dans l’entreprise va évoluer considérablement dans les années à venir. Dès le début de l’humanité, nous avons travaillé, ne serait-ce qu’en chassant pour nous nourrir. Les secteurs agricoles et industriels ont bénéficié du courage de milliards de productifs. Aujourd’hui encore, nous restons centraux dans l’économie mondiale, même si nous n’avons pas la même « valeur sociale », selon le lieu où nous travaillons, selon notre niveau de qualification, selon notre expérience, selon notre capacité physique ou intellectuelle et, selon notre talent.

Demain, je pense que l’Homme va perdre sa prédominance. Notre écosystème économique et social va être bouleversé par le développement de la robotisation et de l’intelligence artificielle. Il faut savoir, qu’à l’horizon 2050, 50% des emplois seront automatisables. En clair, les machines vont concevoir, produire, écrire, calculer, traduire, c’est-à-dire que l’homme ne pourra plus se plaindre d’être fatigué par l’effort contraint. Il le peut déjà de moins en moins. Tous les métiers vont, plus ou moins, être concernés par cette révolution. Il existe plusieurs manières d’analyser le futur de l’Homme, certains voient le KO (la peur du chômage), d’autres voient l’occasion de mieux profiter du temps de vie. Je ne vais pas m’aventurer dans ce débat, mais seulement rappeler le besoin d’accomplissement et de reconnaissance que nous retrouvons chez nombre d’entre nous.

Comment-les-robots-vont-faire-baisser-le-cout-du-travail.jpg

Nous devrions réfléchir au revenu universel, mais pas seulement. J’y suis personnellement opposé, pour une raison simple : je crois au génie humain, plus précisément en notre capacité de création. Nous saurons probablement « vendre » d’autres formes d’actions que le travail tel que nous le connaissons aujourd’hui. L’enjeu se situe ailleurs. La première question qui se pose est celle des relations humaines, pas des DRH et de leurs collaborateurs (encore que…), il s’agit des échanges entre tous. Je regrette l’absence absolue d’un laboratoire de l’évolution des métiers et d’une démarche prospective sur ce sujet majeur des nouvelles formes de travail à identifier. Je propose l’ouverture d’un pôle comprenant des sociologues, des experts techniques, des entrepreneurs et des salariés dont l’objectif principal serait de dessiner l’avenir des forces vives. Dans quelques années, comme les employés agricoles jadis, comme les ouvriers d’usines il y a quelques années, des millions de professionnels vont passer à la trappe, devenus « inutiles » donc transformés en simple variable d’ajustement à tel point que le ratio consommateurs-producteurs s’exprimera sur un facteur d’environ 25.

Quand je lis l’histoire de l’Homme dans l’économie, je vois cela : une période équilibrée et naturelle pour notre organisme (pour simplifier, celle de la chasse), deux périodes plus violentes pour notre corps (celle de l’agriculture intensive puis celle de l’industrie), puis, une période à venir constituée de temps libre anxiogène pour notre psychisme.

Nous allons repenser la place de l’humain dans ses rapports sociétaux, nous allons donner une place plus large à l’acquisition de la connaissance dans une société technologique ultra élaborée, nous allons parvenir à limiter nos activités et donc stopper le réchauffement climatique qui nous condamnerait s’il devait perdurer, nous allons réguler notre démographie ou étendre notre espace de vie à d’autres planètes, nous allons certainement (même si cela choque) sélectionner les humains en fonction de leurs propriétés (le séquençage de l’ADN est autorisé dans de nombreux pays), nous allons assister à la naissance de machines créées par d’autres machines, ou de robots, capables de produire à l’infini, pour tous, sans jamais s’user.

L’homme n’est pas une première matière, c’était LA matière première. Il s’en est plaint depuis toujours. Il va perdre cette fonction et il se demande ce qu’il va devenir, il continue de se plaindre, autrement. Ce billet hebdomadaire peut vous sembler un peu excessif, ou du moins présenter une face « science fiction » difficile à maîtriser pour notre cerveau à l’instant T, je l’assume. Je prétends néanmoins que le fond de cet écrit est bien plus essentiel que le prix du transfert et le salaire de Neymar, d’ailleurs, cet homme n’incarne t-il pas l’exemple que nous pouvons gagner de l’argent en jouant ?

Laurent GUIBERT, Directeur-associé de KAPITALIUM.

Les déchets, des biens qui s’échangent (presque) comme les autres (Le Point – 29/07/2017)

Cet été, les économistes de KAPITALIUM ont décidé d’écrire à propos des matières premières. Il existe un sujet rarement abordé, celui des déchets concernant les matières premières. Le journal LE POINT vient de publier un article intéressant sur ce sujet, nous avons donc décidé de le porter à votre connaissance :

Source

Bonne lecture et à lundi prochain avec un billet concernant la « matière première » la plus exploitée au monde : l’Homme !

Le safran, l’or rouge !

Le crocus sativus se cultive, il donne du safran, épice appelée « or rouge ».

UnknownIdentifié par les grecs il y a plus de 35 siècle, le safran est aujourd’hui répandu au Moyen-Orient. Inutile de vous préciser son principal usage, la cuisine. Il est aussi utilisé comme parfum, teinture et médicament. La production annuelle mondiale se limite à 300 tonnes, principalement de la Mer Méditerranée au Cachemire. L’Iran représente environ 80% de la production mondiale actuelle, l’hégémonie de ce pays, sur ce secteur, augmente en raison du faible coût de la main d’oeuvre. Le deuxième pays producteur est l’Espagne. En Provence, 90 petits producteurs sont recensés, avant la Révolution, ils étaient bien plus nombreux.

En BtoB, le safran se négocie, au plus bas, environ 2000€ par kilo. En BtoC, au détail, le prix se situe entre 25000€ et 40000€ le kilo. Plus cher que l’or et le caviar. Cette valeur est-elle justifiée ? Il faut 200 000 fleurs de Crocus sativus pour obtenir 1 kg de filaments. Une heure est nécessaire pour cueillir 2 000 fleurs et 5 heures pour en récupérer les filaments, et cette culture n’est pas mécanisable. Il existe plusieurs qualités de safran, la norme ISO 3632 permet d’évaluer la concentration en crocine (couleur), picrocrocine (goût) et safranal (parfum).

L’offre actuelle ne comble pas la demande, l’investissement est relativement faible, le climat français est particulièrement favorable à la culture de cette épice. La rentabilité d’une exploitation est assurée, a fortiori, quand celle-ci est de grande qualité, le luxe ne connaît pas la crise. Alors pourquoi certains agriculteurs ne se reconvertissent pas ? La réponse est simple, la France ne manque pas de chômeurs, mais elle manque d’ouvriers agricoles. Il convient d’écrire aussi que l’union Européenne n’offre pas de subventions pour cette récolte, certains producteurs préfèrent l’argent du contribuable à celui du travail. En économistes passionnés par l’offre innovante et qualitative, nous imaginons déjà nos vastes campagnes couvertes d’un voile de safran…

Le marchand de sable peut se construire un beau château !

Après l’air et l’eau, le sable est la ressource la plus utilisée au monde. Il représente un volume d’échanges internationaux de 70 milliards de dollars par an. Ce matériau granulaire de petites particules qui proviennent de la désagrégation de roches peut révéler jusqu’à 180 minéraux différents ainsi que des débris de coquillage ou de corail.

En période estivale, le sable évoque les plages. Mais, il existe d’autres usages du sable, importants dans l’économie, bien au-delà de celle du tourisme. En maçonnerie pour le ciment, en fonderie pour les métaux et alliages, en cuisine pour conserver la viande (jusqu’au XIXème siècle), pour la fabrication du verre, le sable est également utilisé comme filtre et comme lest, dans le textile particulièrement pour les teintures, dans l’agriculture pour améliorer le pH des sols et pour améliorer la texture des terres.

IMG_2183

Chaque année, dans le monde, plus de 20 milliards de tonnes de sable sont utilisées, la  Chine représente à elle seule plus de 60% de la consommation de sable. L’exploitation industrielle des sables provoque des effets significatifs sur l’environnement, par exemple l’érosion des côtes pourrait s’accélérer et le risque de submersion s’accentuer. Mais, à l’échelle planétaire, le sable semble inépuisable car il est estimé à 120 millions de milliards de tonnes ! Le BTP est en première ligne pour la construction d’immeubles, de ponts, de barrages, mais aussi de routes, de voies ferrées, de digues. Il faut 200 tonnes de sable pour une maison de taille moyenne, 3.000 pour un hôpital, 30.000 pour 1 kilomètre d’autoroute, ou encore 12 millions de tonnes pour une centrale nucléaire. La société LAFARGE est l’un des principaux groupes industriels exploitant du sable.

Le sable est souvent vendu au mètre cube (un mètre cube de sable équivaut 1,5 tonne). Le prix du sable varie selon sa couleur, qu’il soit lavé ou non, sa granulométrie, sa région d’origine….en résumé la facture oscille entre 25€ et 45€ la tonne (hors frais de livraison). Le cours du sable n’est pas vraiment spéculatif.

La hausse de la population mondiale, urbanisation croissante avec la multiplication de mégapoles, essors économiques des pays en développement, multiplication de complexes hôteliers touristiques… Bon nombre de facteurs se conjuguent pour que l’on assiste à une demande sans cesse croissante de sable. L’appétit est tel que son extraction attise les convoitises et donne naissance à de nouveaux trafics.

A la semaine prochaine, nous vous parlerons du safran, ça ressemble à du sable rouge mais nous vous déconseillons d’échanger 1 tonne de safran contre 1 tonne de sable !

Le goût de la vanille !

La vanille, ce mot sonne bien aux oreilles des gourmets…. mais aussi à celles des économistes.
Il faut savoir que la vanille est liée, dès sa découverte, au chocolat. En effet, les Mayas et les Aztèques agrémentaient de vanille une boisson à base de cacao. Les mexicains détenaient le monopole de la production, ce n’est qu’en 1880 que les planteurs réunionnais ont introduit la culture de la vanille à Madagascar, pays qui, aujourd’hui, représente à lui seul plus de 60% de la production mondiale. L’Indonésie prend une part de plus en plus importante dans le commerce de cette épice. La production annuelle de vanille est proche de 3000 tonnes.
En 2014, sur le marché BtoB, en prix de gros, le kilo de vanille se négociait autour de 60$ le kilo, en 2015  135$ le kilo, en 2016 220$ le kilo. Tout est dit. Pour des raisons de techniques agricoles et de climat, le potentiel de production est limité. En revanche, la demande explose, elle provient principalement des industries du secteur alimentaire, des grandes maisons de parfumerie et … des fabricants de médicaments.

Madagascar a, ces derniers mois, diminué la mise sur le marché de gousses afin de mettre un stop à un début de crise, en économie, toutes les bulles finissent toujours par exploser.
Coca-Cola, Nestlé et Unilever sont les trois plus grands « consommateurs ». Les artisans chocolatiers et glaciers, les cuisiniers et les pâtissiers savent particulièrement bien travailler ce produit. Dans le domaine cosmétique, nous retrouvons souvent de la vanille dans les parfums, les produits de soins et les diffuseurs d’odeurs. La vanille est également utilisée pour la teinture. Enfin, les médecins lui prêtent des qualités dans le cadre du combat contre la dépression, l’hystérie, les douleurs musculaires ou encore les rhumatismes.
Unknown
En analysant l’évolution des prix de ces dernières années, les capacités de production et les caractéristiques de la demande, nous pourrions, sans crainte, parier et conseiller l’investissement sur la vanille. Sauf qu’il existe une sérieuse objection à cette option : les arômes industriels. L’usage de la vanilline de synthèse, issue de l’eugénol, lui-même extrait des clous de girofle, procédé récent (découvert en 1874), représente déjà un commerce annuel de plus de 15000 tonnes. A partir de résidus de papier, de curcuma ou de pulpes de betteraves, les techniciens parviennent à obtenir des arômes artificiels aux « qualités » étonnantes. Avec un peu de marketing, notamment une illustration (sur les emballages) proche d’une jonquille, le tour est joué, le client ne sait plus très bien ce qu’il consomme.
Nous conseillons donc aux financiers de rester à l’écart de ce marché exotique, notre avis à destination des gourmands est très différent… parce qu’il faut bien le reconnaître, la vanille naturelle nous fait voyager.

Le cours du cuivre va chauffer !

La croissance économique mondiale est soutenue et l’usage de nouvelles technologies provoque un déséquilibre entre l’offre et la demande de métaux. A tort, certains investisseurs ne pensent qu’à l’or, valeur refuge par excellence mais matière aux applications relativement limitées.

Depuis un an, le cours de l’aluminium a progressé de 17%, celui du cuivre de 24%, l’évolution du prix du cobalt avoisine 150%, le mercure 20%, le plomb 33%, le zinc 35%, le titane 40%, etc, etc…

Généralement, je conseille l’achat au « bruit du canon » et la vente au « son du violon », mais la compréhension de cette tendance de fond permet d’abandonner cette habitude de trader. Je choisis un exemple, le cuivre.

Naturellement présent dans la croute terrestre, le cuivre est le premier métal à avoir été utilisé par l’homme, en raison de son point de fusion, pas trop élevé (1084°C). On trouve le cuivre dans les zones poreuses des basaltes, dans des grès et des schistes et plus rarement dans des météorites. Les dix principaux pays producteurs de cuivre sont le Chili, la Chine, le Pérou, les USA, l’Australie, la Russie, le Congo, la Zambie, le Canada et le Mexique. En raison de ses propriétés mécaniques, optiques, électriques, thermiques et chimiques, le cuivre est de plus en plus acheté et pas seulement pour les ustensiles de cuisine. Ses trois principales qualités, sa haute conductivité électrique et thermique, sa résistance à la corrosion et sa recyclabilité favorisent l’usage du cuivre dans le secteur de la construction (en lien avec l’explosion démographique actuelle), dans les télécommunications (réseaux câblés, microprocesseurs et batteries), dans l’armement ou encore dans les transports. La production de batteries électriques et d’appareils électroniques soutient la demande de cuivre. Entre 1990 et 2017, la production mondiale de cuivre n’a pas cessé de grimper. Les réserves sont aujourd’hui estimées à 650 millions de tonnes dont près du quart au Chili.

Cuivre

En juillet 2008, le cuivre était échangé à 9000$/t, fin 2008 à seulement 2800$/t (effet direct de la crise financière mondiale étendue à l’ensemble de l’économie), puis il a repris 140% en 2009 pour atteindre 8500$/t en 2010. Au regard de la demande de cuivre (hors recyclage), sachant que les besoins ont augmenté ces dernières années d’environ 160%, au regard des capacités de productions des grandes sociétés (CODELCO, FREEPORT-MC MORAN, RIO TINTO ET XSTRATA), je vise un objectif de 10000$/tonne pour 2020 contre 5900$/t aujourd’hui, soit une évolution potentielle à la hausse de plus de 40%.

Laurent GUIBERT, directeur général de KAPITLIUM, le lundi 3 juillet 2017.

 

KAPITALIUM recherche

pour l’un de ses clients, une opportunité d’acquisition d’entreprise.

Secteur économique : Transport de colis, messagerie express, principalement BtoB (et éventuellement  » BtoB et BtoC »).

Secteur géographique : France métropolitaine, Benelux et Allemagne.

Chiffre d’affaires :  5M€-180M€.

Cibles : Sociétés en difficulté et/ou en besoin de consolidation.

Nous vous remercions de bien vouloir contacter Laurent GUIBERT au 06.18.86.40.52 ou via laurent.guibert@kapitalium.fr