Si j’étais Président… – Billet hebdomadaire de Kapitalium.

La semaine passée, j’écrivais aux candidats à l’élection Présidentielle de 2017. Une semaine après, je reste évidemment dans l’attente d’une réponse puisqu’ils ne font plus de Politique, action publique au sens noble du terme. Néanmoins, un chef d’entreprise a réagi, m’invitant à présenter quelques solutions suite au constat dramatique que j’ai produit. Loin des projets habituels qui ressemblent à des plans de séduction pour mieux tromper et décevoir ensuite, voici quelques grandes lignes de réformes à engager pour redonner à la France le rang qui fut le sien.

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Avant de présenter les principales actions, quelques chiffres, souvent méconnus de la population :

  • PIB : 2150 Mds €.
  • Dette publique (hors dette sociale CADES) : 2100Mds €.
  • Dépenses sociales annuelles : 750 Mds € soit 35% du PIB dont 230 Mds pour la santé, 120 Mds pour la vieillesse, 65 Mds pour la Famille et 45 Mds pour le chômage.
  • Dépenses publiques : 1200 Mds d’€ soit 56% du PIB.
  • Taux des prélèvements obligatoires : 46%.
  • Recettes annuelles de l’Etat : 320Mds € dont 160Mds € en TVA et taxes sur les produits énergétiques, 70Mds € en impôts sur le revenu ; 30Mds d’euros en impôt sur les sociétés ; 40 Mds € en taxes foncières + ISF + diverses contributions fiscales et 20Mds € en recettes non fiscales.

Depuis 1974, tous les budgets sont votés en déficit, ces dernières années, il est d’environ 80Mds par an.

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  1. Interdiction de posséder de la monnaie physique sur le territoire ; effet : + 1 point de croissance soit environ + 22 Mds € et + 1 Md € lié à la diminution de la délinquance.
  2. Interdiction de voter un budget en déficit ; il faut donc aller rechercher une économie globale de 80 Mds €, je vais donc chiffrer les postes d’économie.
  3. Retraite à 67 ans pour tous ; suppression des régimes spéciaux ; soit + 15 Mds.
  4. Réduction de 20% des allocations familiales soit + 24 Mds €  ; nous sommes 7 milliards d’hommes, il y a peu de temps, les parents assumaient pleinement leurs enfants sur le plan financier et ceux-ci mangeaient bien. En revanche, les familles continuent de bénéficier de la pondération fiscale (nombre de parts).
  5. Passage de la TVA de 20% à 22% , soit + 12Mds €. (TVA sur les produits agricoles inchangée).
  6. Cessions immobilières de l’Etat pour + 50 Mds d’€ ; fonds mobilisés pour ramener la dette publique de 2100Mds € à 2050Mds €.
  7. Baisse du taux des cotisations sociales par deux ; soit une perte pondérée de 70 Mds €. (Cette décision provoquerait des recrutements, donc des recettes brutes, donc des diminutions de charges liées au coût du chômage, la réduction du coût de la production rendrait nos entreprises plus rentables donc la croissance du PIB atteindrait 2% soit un gain brut de 42 Mds € / an. Cette décision permettrait aux dirigeants d’entreprises d’augmenter les salaires. Je pose un exemple, aujourd’hui un célibataire au RSA perçoit 500€ et un célibataire au SMIC gagne 1100€ ; avec la double réforme des points 4 et 7, le bénificiare du RSA aura 400€ et celui du SMIC 1500€ ce qui est beaucoup plus équitable.
  8. Diminution du budget de l’enseignement scolaire en recentrant le rôle de l’école (lire, écrire, compter, apprentissage d’un métier) ; soit une économie de 20 Mds € sur les 60 Mds ; et 6Mds sur les 30 Mds de l’enseignement supérieur en supprimant les filières qui ne sont pas liées aux attentes du marchés de l’emploi. En revanche, la formation professionnelle donnera une véritable sécurité aux travailleurs parce qu’une personne qui a un métier entre ses mains est forte sur le marché de l’emploi.
  9. Je réduis le budget des anciens combattants, soit 1Md € en cérémonies diverses.
  10. Sur les frais de fonctionnement des administrations, je réalise une économie d’environ 2Mds d’euros.
  11. Sur les décisions stratégiques de l’Etat, il y a environ 1Md par an d’économies à faire. Par exemple, l’affaire AREVA représente un coût de 2Mds €, l’affaire ECOMOUV 800M€, l’arrêt éventuel de l’aéroport de Nantes 350M€ et la non vente des navires aux Russes est estimée à 600M€.
  12. Un célibataire qui reçoit le RSA (400€ nets) ; un célibataire qui reçoit le SMIC (1150€ nets), soit seulement 750€ d’écart. Je propose que l’écart minimal soit de 1100€ soit le RSA à 400€ et le SMIC à 1500€. La valeur TRAVAIL doit être réhabilitée.
  13. Suppression de la CMU, soit une économie annuelle de 2Mds €.
  14. Passage du temps hebdomadaire du travail de 35 heures à 40 heures ; soit un gain de productivité pour les entreprises de l’ordre de 15%, considérant que le travail n’est pas un gateau à partager.
  15. L’Etat ayant nettement moins recours au crédit, l’accès aux prêts pour les français et pour les entreprises sera facilité d’autant. Ainsi, 30% de la population pourra devenir propriétaire (recrutement dans les secteurs du BTP et de l’immobilier) et les PME pourront emprunter pour investir, produire, embaucher et exporter.
  16. Dissolution des organisations syndicales et patronales qui coûtent environ 5 Mds € par an à la collectivité (voir rapport Perruchot). En revanche, création d’un statut de représentant bénévole des salariés et des employeurs.
  17. Suppression de 3 jours fériés : 08 mai ; 01er et 11 novembre.

J’arrive à une division par deux des charges sociales (en taux) et à un excédent budgétaire annuel de l’ordre de 41Mds € (à partir d’une dette réduite à 2050Mds€, à données constantes, il faudra environ 50 ans pour rembourser nos créanciers. Mes réformes proposées ne sont donc pas brutales mais nécessaires pour donner de l’oxygène à notre économie et lui permettre de repartir sur des engrenages positifs qui favorisent la création de richesses et qui ne sanctionne pas les générations à venir.

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Politiquement une baisse des impôts fait du bien dans l’isoloir mais économiquement, il y aurait deux effets négatifs. La dette (et son coût) se réduirait moins rapidement et il y aurait une fuite des capitaux par de la consommation vers les produits importés. Au contraire, un plan de réduction des charges sociales pour les entreprises favoriserait les investissements privés d’aujourd’hui et donc la création de richesses pour demain (donc augmentation de l’assiette des ressources).

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Ce schéma est doux. Si nous n’appliquons pas un plan de réduction du train de vie de certains organes de l’Etat, c’est l’épargne des français qui sera donnée en garantie et sans effets bénéfiques pour l’avenir. Il faudra du courage aux candidats pour pouvoir dire la vérité aux électeurs, pour l’instant c’est silence radio sur le fond (pas de rupture structurelle exposée), tout sur la rhétorique. La société civile se situe, en termes de qualité, bien au-dessus de la caste politique.

Laurent GUIBERT, Directeur-associé de Kapitalium, à Nice, le lundi 29 mars 2016.

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