2015 déboires – 2016 espoir ! -Billet hebdomadaire de Kapitalium.

billet_500_eurosL’année 2015, terriblement triste tant au niveau national qu’à titre personnel, se termine. Notre civilisation est devenue folle et violente. Lorsque j’ai commencé ce métier de financier, il y a plus de vingt cinq ans, l’argent était un moyen, petit à petit il est devenu un objectif de vie, puis, il a certainement fini par pervertir les âmes au point que même derrière des combats d’idées, se cachent différents affairismes. Par exemple, la défense syndicale (corporatisme déconnecté de l’intérêt général) de l’entrepreneuriat se limite de plus en plus en un médiocre business interne, a fortiori dans les Alpes-Maritimes. Autre exemple, Daesh s’incarne en une multinationale rentable. La logique des deux organisations est la même, la bestiale cruauté aussi, l’une est strictement économique, l’autre est sanguinaire.

Pour 2016, je veux regarder et voir les raisons d’espérer. Certaines initiatives individuelles positives sont remarquables et méritent d’être soulignées parce que la réussite, fruit du mérite, accompagnée par l’éthique, favorise le bonheur. J’ai donc décidé de noter ici des évolutions comportementales qui constituent des marqueurs forts de ce qu’il convient de nommer le progrès.

  • De plus en plus de jeunes veulent entreprendre, créer des richesses, et donner du sens à leur parcours professionnel. Se caser pour toujours n’est plus à la mode.
  • De plus en plus de talents s’exportent, pas seulement par fuite des aberrations françaises, davantage pour mieux faire briller le génie humain sur des terrains fertiles où le travail est récompensé.
  • Nous percevons régulièrement des envies d’aller plus loin, ensemble. Les énergies individuelles liées au rassemblement contre les forces du mal, même si je n’en ignore pas le poids émotionnel que le temps réduit, démontrent, que réside en l’Homme une volonté d’agir pour le bien. Le résultat collectif atteste d’une impensable communauté de destin.
  • Notre système économique est fort de son esprit de liberté. Face à ses propres dérives, extrémistes, se trouvent des professionnels qui innovent pour le confort de ceux qui ont les moyens d’accéder à ces solutions modernes. C’est quand même pas mal du tout.
  • L’attachement au territoire redevient à la mode, il s’exprime par la commande aux agriculteurs locaux développant ainsi les filières courtes et aussi par une forme de sympathie exprimée à l’endroit des entreprises locales ou, et, éthiques. Pour le seul département des Alpes Maritimes, le lien de MALONGO et de FRAGONNARD avec la Côte d’Azur est évident et participe à la popularité de ces ceux marques. En dépit des oppositions idiotes et méchantes, je milite pour des labels locaux donnant de la visibilité aux producteurs de proximité.
  • Dans les services à la personne, notamment vers les plus vulnérables, au-delà de l’aspect « marché », des actifs se mobilisent pour le meilleur éloignant la vieillesse ou le handicap du naufrage annoncé.
  • Vis-à-vis de la protection de l’environnement, nous assistons à une nouvelle conscience qui influe in fine sur les comportements. Le Prince Albert de Monaco diffuse des messages pertinents qui sont nécessaires parce que nous devons vivre, agir et consommer autrement sur notre planète peuplée par 7 milliards d’hommes…si nous voulons maintenir la vie sur Terre. A ce sujet, le concept « Green Planet Architects », qui se heurte à des conservatismes, se développera et deviendra une norme.
  • En contrepied des dérives individualistes, l’Homme n’étant pas constitué pour vivre seul, apparaissent des réseaux sociaux aux fins objectivement saines. Preuve que nombre d’entrepreneurs, animaux naturellement solitaires, s’engagent dans un rapport au travail qui place l’Homme au centre de ses actions. Le rapport à autrui évolue, nous pouvons le regretter, néanmoins, il perdure.
  • Les investisseurs interviennent de mieux en mieux, ils ont appris ces dernières années à dépasser Excel et à regarder les éléments importants qui ne se lisent pas dans les fichiers Excel et qui pourtant sont constitutifs de profits, à titre d’exemples, le climat social, la réputation, la relation quotidienne aux clients, l’utilité réelle d’un produit ou d’un service, l’esprit d’équipe etc, etc…
  • Dernier point qui rend optimiste pour l’avenir immédiat, c’est l’incroyable résilience face aux difficultés actuelles. Notre capacité à encaisser les chocs, puis à repartir semble sans limite, aucune. En dépit des déformations, des perturbations, des traumatismes, un modèle nouveau veut naître, il vient de partout : aux Etats-Unis, l’uberisation de l’économie anéanti des vieux potentats pervers, redéfini la notion de « service » et redonne du pouvoir d’achat aux consommateurs; en Asie, le travail élève le niveau de l’instruction et conditionne globalement l’amélioration des conditions de vie sur ce continent ; en Afrique un mouvement vers la réalisation des objectifs pour le développement s’accélère.

Je ne crois pas à la théorie des cycles : croissances, crises, décroissances, guerres, reprises. En économie comme en physique, tout se transforme. L’année 2015, dans un album de photos, impose notre regard, fut-il froid et rude. Pour 2016, avec celles et ceux qui m’accompagnent, nous souhaitons évidemment le mieux, nous craignons le pire et nous travaillons pour le possible. Notre bilan est le reflet du présent, nous ouvrons pour avoir un avenir, sans les médiocres qui s’infiltrent dans des organisations malfaisantes utilisant des méthodes du passé, avec les hommes et les femmes de grande qualité qui ont compris que la critique est la base de la construction du nouveau monde, meilleur.

Ce billet est dédié à Marguerite, résistante dès son plus âge et courageuse jusqu’au bout de son chemin.

Laurent GUIBERT, Directeur-Associé de Kapitalium, à Nice le mardi 29 décembre 2015.

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