Capital-amorçage : Israël 1 – France : 0. – Billet Hebdomadaire de Kapitalium.

billet_500_eurosJe pense ne pas insulter mes amis israéliens en affirmant qu’ils occupent un jeune et petit pays : 60 ans, un peu moins de 8 millions d’habitants, peu de ressources naturelles.

Pourtant, l’Etat d’Israël donne naissance à de nombreuses start-ups, véritables pépites mondiales parmi les entreprises de haute technologie. Les facteurs clés de cette réussite économique sont multiples, j’en cite quatre qui m’interpellent : des cycles de formations qualifiantes orientés vers les productions d’avenir, des entrepreneurs combattants, une politique industrielle cohérente et une finance pleinement connectée avec les PME innovantes. Depuis 20 ans, le marché du high-tech cartonne et Israël y occupe une place mondiale prépondérante.

La part de dépenses de R & D d’Israël rapporté à son PIB est la plus importante au monde, les exportations (97 milliards de dollars, en hausse de 175% depuis 1995) représentent plus de 30% du PIB, 37% des exportations sont portées par des produits innovants, 75 sociétés sont cotées au NASDAQ. De plus en plus de start-ups israéliennes sont rachetées par des américains, des européens et des chinois. Preuve que le capital-amorçage, ça paye. Je le rappelle et je le regrette, en France, nous sommes nuls en la matière, alors qu’en capital-développement nous disposons d’un réel savoir-faire.

Tel-Aviv est d’ailleurs considérée comme la deuxième ville la plus performante au monde dans les écosystèmes entrepreneuriaux. Israel Institute of Technology est devenu l’un des meilleurs viviers d’ingénieurs et de développeurs au monde. Les programmes privés de recherche sont soutenus sur le plan opérationnel et financier, les créateurs d’entreprises sont aidés par l’administration.

Le « miracle numérique d’Israël » se comprend facilement : imaginez que vous vouliez élever un enfant âgé de 4 à 12 ans, sans vouloir vous en occuper correctement de sa naissance à ses 4 ans, il risque de mourir, ce qui est vrai pour un être humain l’est tout autant pour une entreprise. C’est incroyable qu’en France, nous ne soyons pas capables de comprendre cela en refusant de se lancer dans une véritable démarche d’aide significative aux TPE. Nous préférons utiliser les fonds publics pour payer des chômeurs qui ne créent pas de richesses, et qui en plus, pour une grande part d’entre-eux, ne demandent qu’à accéder à un travail valorisant.

Les innovations israéliennes concernent tous les domaines : santé, finance, media, jeux/divertissement, mode, commerce, etc, elles s’appuient sur des acteurs actifs en capital-risque. Je crains qu’en France, à force de ne pas prendre de risque, nous finissions par perdre. Pourtant, ce qui est possible sur le littoral méditerranéen autour de deux grandes villes Tel-Aviv et Haïfa l’est tout autant à Nice et à Marseille. J’ai un rêve : voir les jeunes français (et les moins jeunes) se lever pour donner naissance à un mouvement entrepreneurial responsable.

Laurent GUIBERT, Directeur Général de Kapitalium, à Nice, le lundi 19 octobre 2015.

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