L’enseignement de l’économie. – Billet hebdomadaire de Kapitalium

billet_500_eurosDisons-le directement, la culture économique des français pourrait être bien meilleure. La croissance du PIB, le taux de chômage, le pouvoir d’achat, l’équilibre des échanges ou encore l’endettement public demeurent des concepts flous pour une grande partie des individus. Peu d’étudiants savent lire et analyser un compte de résultat ou un bilan.

Il y a peu, je recevais une réponse face à cette observation : l’économie n’est pas la voie royale, seule la filière scientifique bénéficie d’un regard bienveillant de la part de nos élites intellectuelles. Pourtant, avec l’essor de la nouvelle économie, de nombreux ingénieurs français deviennent aussi chef d’entreprise. Ils doivent donc maîtriser la science économique et la gestion, l’une et l’autre étant intimement liées.

La financiarisation de l’économie impose une réforme voire une révolution de l’enseignement de cette science qui prend de plus en plus d’importance dans la vie quotidienne des entreprises. Je dénonce la place excessive des modèles mathématiques dans l’enseignement de l’économie. Je regrette le système de recrutement des professeurs qui ne laisse aucune place aux professionnels. La sociologie, l’anthropologie, l’Histoire et la science politique ont au moins autant d’importance au sein de l’économie que les algorithmes. Les nouveaux phénomènes économiques ne sont pas enseignés en raison du conservatisme du milieu, on ne touche à rien par peur d’une réaction de rejet du personnel en place, qui pour la quasi-totalité ne connaît même pas le monde de l’entreprise. L’économie ne s’apprend pas que dans les livres écrits par des théoriciens il y a 150 ans et davantage encore, les réalités du terrain comptent, elles aussi.

Le contenu des cours a trop peu évolué. Pourquoi ignorer les effets du progrès technique, l’essor de business model disruptif, des nouveaux modes de vie et les influences liées à l’importance de la communication financière ? Par exemple, au début de l’automobile, un scandale tel que celui qui touche le groupe VOLKSWAGEN n’aurait pas été diffusé aussi rapidement à travers le monde, la capitalisation boursière n’aurait donc pas été autant impactée.

Notre déficit de culture économique a des impacts significatifs : les meilleurs éléments ne s’orientent pas naturellement vers l’économie, certains le font même par défaut n’étant ni scientifiques, ni littéraires. Dans les ambassades françaises, la présence culturelle est bien plus forte que celle des économistes. La faiblesse de notre économie trouve en partie une explication au niveau du Ministère de l’Education Nationale. Il existe pourtant une solution : mieux montrer aux jeunes l’intérêt de l’économie.

Laurent GUIBERT, Directeur Général de Kapitalium, à Nice, le lundi 28 septembre 2015.

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