Les PME françaises, un trésor à sauvegarder. – Billet hebdomadaire de Kapitalium

billet_500_euros

En 2011, selon l’INSEE, la France comptait  243 grandes entreprises, 5 000 entreprises de taille intermédiaire (ETI), 138 000 petites et moyennes entreprises (PME) et 3 millions de micro-entreprises. En dépit du mouvement continu de concentration des entreprises, qui caractérise toutes les économies de marché, les PME conservent un poids déterminant dans l’emploi et dans la création de valeur.

Au moment où nous nous assistons à un taux de chômage record, il convient de bien noter que les entreprises de moins de 250 salariés sont largement majoritaires en terme de créations de postes salariés, puisqu’elles emploient plus de 10 millions de personnes sur une population de près de 17 millions d’actifs du secteur privé, soit environ 60 % des effectifs globaux (hors Entreprises de Taille Intermédiaire). Ces dernières années, la tendance amplifie le rôle majeur des PME au niveau de l’emploi.

Nos PME, contrairement à celles d’autres pays tels que les Etats-Unis et l’Allemagne, connaissent des difficultés de croissance ou bien cette phase est très nettement plus longue. Nous constatons que leur poids dans l’investissement est modeste (17%), la part de l’export dans leur chiffre d’affaires est faible (18% contre 39% pour les entreprises de plus de 1000 salariés).

Le taux chômage, énorme cancer social, est en partie lié à la faiblesse constatée de nos PME dans ces deux domaines : les investissements (indispensables pour se muscler, pour être plus fort dans un contexte ultra concurrentiel) et l’export (essentiel pour disposer d’un terreau fertile de clients). Les deux principales causes de ce constat sont connues : nos PME manquent cruellement de fonds propres et les banques ne parviennent pas à financer les investissements immatériels. Si nous devions faire un parallèle « économie-médecine », nous avons de beaux enfants mais nous ne savons pas les nourrir correctement pour bien les faire grandir ! Ridicule. Au point que les meilleures d’entre elles quittent de plus en plus notre beau pays pour d’autres horizons, économiquement plus dynamiques, fiscalement plus sages, juridiquement plus simples et sentimentalement indéfiniment plus forts. Les entrepreneurs français réussissent souvent mieux hors de l’hexagone. Alors que nous disposons de solides compétences humaines, notre territoire a tendance à être hostile, par dogmatisme, aux créateurs de richesses.

Chez KAPITALIUM, nous proposons :

  • que l’épargne des ménages soit davantage orientée vers les PME qui emploient, qui innovent, qui investissent et qui exportent.
  • la suppression totale des billets et des pièces pour anéantir les conséquences négatives de l’économie souterraine, véritable concurrence déloyale, piste absolument négligée par notre législateur.
  • l’enseignement d’une culture entrepreneuriale à l’école, considérant que nos entreprises font partie du patrimoine et qu’elles doivent être respectées et protégées par une meilleure connaissance de ce qu’elles représentent, un socle d’insertion sociale au même titre que la famille et l’école.
  • que la fiscalité des entreprises soit mieux répartie, qu’elle ne porte plus seulement sur le travail (ce qui revient à sanctionner l’emploi et donc la croissance économique). Nous pourrions par exemple mettre en œuvre une baisse des charges salariales compensée d’une part par un impôt sur la pollution, ou bien, d’autre part, par une baisse des dépenses de fonctionnement de structures étatiques.
  • la mise en place d’un bonus-malus axé sur la responsabilité sociale des entreprises qui aurait certainement des effets positifs.
  • que les fonds d’investissement régionaux jouent pleinement leur rôle, surtout en capital-amorçage. Sur les régions, puisque nous sommes en fin de mandat politique, combien d’entre elles ont réalisé des investissements dans des start-ups dont le chiffre d’affaires est inférieur à 150.000 euros ? En Allemagne, les lands de Bavière, de Basse-Saxe, de Hesse, et surtout de Bade-Wurtemberg accompagnent financièrement les PME et bien autrement.
  • que la lecture des états comptables ne soit plus strictement bancaire mais aussi entrepreneuriale, c’est-à-dire que les investissements soient orientés vers des filières d’avenir tels que la Silver Economie, les technologies vertes ou encore la sécurité. Trop souvent, les financeurs s’attardent, par paresse intellectuelle, sur le passé alors que l’avenir est bien plus important.

Nous devons, collectivement, provoquer des engrenages économiques positifs, l’action au profit des PME est l’une des solutions les plus pertinentes pour reconstruire un destin collectif apaisé.

Laurent GUIBERT, Directeur Général de Kapitalium, à Nice, le lundi 21 septembre 2015.

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s