Le hasard dans l’économie. – Billet hebdomadaire de Kapitalium

billet_500_eurosNon, je ne viens pas vous parler du loto ou, plus généralement, du poids des jeux d’argent au sein de nos économies occidentales. Le sujet est traité par beaucoup de scientifiques.

Les évolutions économiques sont certainement, à l’image de certaines inventions et recettes, pour partie, liées au hasard. Côté face, les fondamentaux que je ne néglige pas. Côté pile, nous constatons des phénomènes qui ne peuvent pas réellement être anticipés voire interprétés. C’est autant difficile à admettre qu’indéniable.

La macro-économie reste une science inexacte, les facteurs d’incertitudes sont très (trop) nombreux, et, si nous y ajoutons quelques éléments exogènes (politiques, sociaux, sociétaux etc, etc) sur lesquels l’emprise humaine, à l’échelle individuelle, est relative, alors nous pouvons nous dire que les études prévisionnelles présentent une forme absolument contestable. La prospective occupe une place mais l’Homme doit accepter une part d’incertitudes économiques, une forme d’insécurité. Combien de fois ai-je entendu, la rentrée va être chaude, puis, quelques jours après, ça repart aux USA ou l’exact contraire ? Cette année 2015, c’est la Chine qui boite !

A la fin du XVIIIème siècle, la conjoncture était liée à la météo. Un bon temps , la récolte était bonne, l’excellente santé financière était assurée.

Au XIX et au XX ème siècle, le progrès technique et les guerres favorisaient la croissance économique.

Par ailleurs, notre planète de 7 milliards d’hommes, en ce début du XXI ème siècle, pourrait-elle supporter une production non raisonnée ? Depuis quand mesurons-nous le moral des ménages, est-ce un indice facilement quantifiable ? La confiance ou l’inquiétude seraient-ils des « sentiments contagieux » ?

Nos élites font plus ou moins croire aux peuples qu’ils maîtrisent les événements des économies devenues complexes et interdépendantes, qu’ils peuvent réguler les marchés voire inverser les courbes. Dans les faits, dans la vraie vie, nous atteignons une ère dans laquelle le pire et le meilleur peuvent se côtoyer. Le transfert d’un footballeur âgé de 19 ans, un gamin, peut représenter 80M€, et, au même moment, des PME peinent à trouver des financements pour le développement durable de leurs activités. Loin de moi l’idée de cracher sur le football d’autant qu’en 1998, certains analystes-experts affirmaient que la victoire des bleus avait eu un effet bénéfique sur la croissance du moment. Mais quand même, il y a des choses qui échappent à la logique et au bon sens. En lisant le forum du site boursier d’une banque en ligne, j’ai souvent envie de rire : les prévisionnistes amateurs ne manquent pas. Enfin, il y a des décalages temporels, par exemple, les congés payés ont favorisé l’essor de l’industrie touristique mais deux décennies après, et, n’est-ce pas plus exactement les lobbys (de l’époque) des intérêts liés au tourisme qui ont créé les conditions de la naissance de quelques semaine de repos ? Comme pour la poule et l’oeuf, on n’en sait rien.

L’agriculture, l’industrie, les services et internet, sur le plan économique, ont vécu, vivent et vivront. Quel mot incarnera le cinquième secteur ? L’économie collaborative va-t-elle sortir de terre ? Ou bien, la robotique va-t-elle venir bouleverser nos économies élaborées ? Le cinquième secteur pourrait aussi être « humain », non ? Et si le hasard, une forme de conjonction d’éléments futurs aujourd’hui méconnus, donnait naissance à un nouveau secteur sur lequel nous ne savons pas encore mettre un nom ?

 Laurent GUIBERT, Directeur Général de Kapitalium, à Nice, le lundi 7 septembre 2015.

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