L’espionnage économique, nouvelle arme allemande. – Billet spécial de Kapitalium.

b91_0514aIl y a 70 ans, jour pour jour, le Monde assistait à la capitulation allemande, c’était la fin d’une tragique période humaine.

Depuis, nous sommes engagés dans une autre compétition, elle est économique, et elle n’autorise pas davantage la naïveté que lors de conflits passés. Ne faisons pas de germanophobie, l’Allemagne et la France peuvent être à la fois des partenaires et des compétiteurs.

Un scandale est actuellement passé sous silence. Le Bundesnachrichtendienst (BND, service de renseignement allemand) est accusé d’avoir espionné des organes du pouvoir français et des industries. Ces informations sont étayées au point qu’elles provoquent une plainte du groupe aéronautique européen AIRBUS. Les services de renseignement allemands (BND) espionnent depuis 2005 la société EADS (devenue Airbus) et Eurocopter (aujourd’hui Airbus Helicopters) pour le compte de l’agence américaine NSA. La Chancelière Angela MERKEL est informée de cette situation depuis 2008. Thomas de Maizière, actuel ministre de l’Intérieur, était à l’époque ministre à la Chancellerie, tutelle des services de renseignement. Il va s’expliquer devant la commission d’enquête parlementaire sur la NSA.

Partout en Europe, de puissantes agences de lobbying et d’intelligence économique, privées pour la plupart, voient le jour, elles faussent les règles déontologiques d’une concurrence saine et non faussée à l’intérieur de l’Union Européenne. Ces pratiques représentent un véritable pillage et un préjudice financier de plusieurs centaines de milliards d’euros. La France est régulièrement dépouillée de cerveaux, de savoir-faire, de brevets et donc de parts de marché. Les efforts en R&D de PME partent en fumée faute d’éthique d’une part et de protections d’autre part. Les entreprises françaises se retrouvent face à un nouveau défi, la Délégation Parlementaire du Parlement (DPR) a remis un rapport de 180 pages à François HOLLANDE qui semble être resté sans aucun effet. Cette guerre sans morts, ni blessés, n’est certes pas un phénomène nouveau mais il prend de l’ampleur et il cause des dégâts en terme de croissance économique, d’emplois, d’équilibre des échanges et de finances publiques. Nos entreprises des secteurs de la défense, de l’énergie, de l’aérospatiale, des télécoms ou de la robotique sont victimes de pratiques déloyales et elles ne disposent pas toujours de tous les moyens nécessaires pour éviter cette contagion. La protection du patrimoine économique n’est pas dans nos gènes. La notion même d’espionnage industriel n’est pas clairement définie dans nos textes de lois.

Chef d’entreprise, conseil de dirigeants de sociétés, j’émets le voeu d’assister à l’émergence d’un arsenal législatif visant à protéger nos entreprises et nos emplois d’initiatives qui portent préjudice à nos intérêts. L’amitié franco-allemande passe d’abord par la loyauté et la fin immédiate de l’éco-criminalité.

Laurent GUIBERT, Directeur Général de Kapitalium, à Nice, le vendredi 8 mai 2015.

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