Quelques obstacles au développement de nos PME, quelques solutions concrètes. – Billet hebdomadaire de Kapitalium

billet_500_eurosNos PME sont, par nature, plus souples que les grands groupes. Elles innovent davantage et démontrent de fortes capacités de réactivité. Avec moins de charges de structure, elles savent être compétitives. Pourtant, nombre d’entre elles ne parviennent pas à accéder à certains beaux marchés. Pourquoi et surtout quels remèdes pourrions-nous mettre en place pour contourner ces obstacles majeurs pour la croissance et l’emploi ?

  • Premier obstacle, elles manquent de la crédibilité financière qui passe par des fonds propres plus significatifs. Mes habituels lecteurs ne seront pas surpris par mon propos : nous devons mieux épargner pour mieux capitaliser nos PME. Le haut de bilan, c’est une notion économique trop souvent négligée et pas assez défendue.
  • Second obstacle, leurs produits sont peu connus par rapport à ceux des grandes sociétés et les acheteurs ne sont pas des aventuriers. Là, une solution s’impose : je plaide pour la naissance d’un fonds de garantie pour l’innovation qui aurait pour objet l’assurance sur le risque technologique.
  • Troisième obstacle, l’écriture des CCTP (cahier des clauses techniques particulières) dans le cadre des procédures d’appels d’offres. Une PME n’a pas les moyens d’une multinationale, elle ne dispose pas des mêmes forces humaines. Dans ce cas, s’impose la création de cabinets de spécialistes du montage des dossiers de réponse d’un appel public à la concurrence pour l’attribution d’un marché public de travaux ou de fournitures à un candidat choisi par l’Administration. Le monde de la PME est trop individualiste, il doit apprendre à mutualiser certains moyens.
  • Quatrième obstacle et non le moindre. En sport, fait-on courir un bébé ou un enfant de 8 ans contre un jeune adulte en plein dans la force de l’âge ?  Bien évidemment que non. Dans la compétition économique, on le fait et sans aucune gène. Alors, il convient de mettre en place des mesures spécifiques, par exemple proportionner l’accès aux marchés publics, par catégorie d’entreprises, en fonction de leurs implications sociétales, principalement en matière d’emplois par rapport au CA et/ou au résultat net.
  • Cinquième obstacle, certaines PME parviennent à passer les quatre premiers mais elles se heurtent à un véritable mur : le Besoin en Fonds de Roulement. En effet, elles peuvent conquérir certains clients de premier rang mais elles ne parviennent pas à trouver la trésorerie suffisante pour pouvoir honorer ces commandes potentielles. Les solutions en affacturage sont souvent trop coûteuses et mangent une trop grande partie de leurs marges. Dans ce cas, je préconise la création du fonds FRANCE-BFR, il s’agirait d’une réserve gratuite de trésorerie pour les TPE/PME à jour de leurs cotisations sociales. Ce fonds renforcerait nos PME et les emplois qu’elles représentent, il permettrait de faire par ailleurs des économies en coûts sociaux et à l’Etat de récupérer de la TVA ou de l’impôt sur les sociétés dans le cas de positions commerciales à l’export.

Cinq obstacles, cinq solutions qui méritent d’être étudiées, débattues puis affinées. Malheureusement, depuis trop longtemps, nos décideurs publics préfèrent les bonnes formules rhétoriques médiatisées aux engagements en faveur de l’intérêt général. Je vous invite à bien vouloir écouter les élus, lesquels parlent des PME et dans quelle proportion par rapport à des sujets subalternes ?

Laurent GUIBERT, Directeur Général de Kapitalium, à Nice, le lundi 27 avril 2015.

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