Réhabilitons l’entreprise et le travail ! – Billet hebdomadaire de Kapitalium.

billet_500_eurosIl devient de plus en plus urgent de réhabiliter l’entreprise et le travail. Et pas seulement pour des raisons économiques.

Côté « pluie », une étude qui vient d’être réalisée par Pierre MENETON donne froid dans le dos. Selon ce chargé de recherche à l’INSERM, entre 2008 et 2010, en France, la hausse du chômage aurait provoqué 584 suicides, l’inactivité involontaire tuerait entre 10000 et 20000 personnes par an : maladies cardiovasculaires, comportements à risques ou encore malnutrition seraient des causes plus importantes de mortalité chez les chômeurs que chez les travailleurs. Fin janvier, Pôle emploi recensait 3,7 millions de chômeurs en France ; 5,5 millions en comptant ceux ayant une petite activité. Culturellement, en France, la peur de l’échec voire le manque de confiance en soi freine les initiatives personnelles et entretien la passivité.

000272132_illustration_large000272129_illustration_large

Fait agravant, les rares jeunes pousses françaises sont littéralement abandonnées par le secteur capitalistique privé :

000272135_illustration_large000272138_illustration_large

Les épargnants français, en confiant quasi exclusivement leur argent à des banquiers qui ne soutiennent pas l’économie réelle se comportent comme des suicidaires. En effet, qui, demain, payera leurs retraites ou encore leurs dépenses de santé ? Les actifs des sociétés qui créent de la richesse, personne d’autre et surtout pas les fonds spéculatifs qui ont opté pour le trading court terme et contre l’investissement, pour la distribution de revenus du capital à une infime minorité et contre la majeure partie de l’humanité.

L’Etat surendetté, qu’on le veuille ou non, disparaît petit à petit, hormis, et encore, pour quelques fonctions régaliennes. Les grands groupes disposent de la puissance nécessaire pour se déplacer partout dans le monde où se situe leur intérêt immédiat, quitte à réduire l’Homme à une simple variable d’ajustement. Reste la masse, qui souvent subit en silence, qui paye pour ceux qui ne veulent plus le faire, qui travaille beaucoup plus que d’autres, qui parfois collabore à un système malveillant ou bien qui se rebelle maladroitement, c’est-à-dire sans proposer de solutions concrètes.

Nul ne peut prétendre qu’une seule solution puisse être suffisante pour régler tous les problèmes économiques et sociaux : croissance, emploi, pouvoir d’achat, équilibre des échanges extérieurs, endettement public et poids de la fiscalité. L’entrepreneuriat, c’est-à-dire la prise en main de son destin personnel, devrait néanmoins libérer les nouvelles générations de schémas anciens et de chaînes sociales qui abîment. Créer une société ou bien son propre emploi, ce n’est pas facile mais avec un peu d’efforts et de sacrifices, si cela ne rend pas nécessairement riche, cela fait du bien au moral, cela livre des moments de bonheur et surtout cela évite des drames humains qui font bien plus de victimes, chaque année, en France, que les accidents de la route. Sauf que tout le monde semble s’en moquer ou bien ne pas en avoir conscience puisque rien ne change depuis presque 50 ans ! Pouvons-nous vraiment admettre que les misères de la vie soient les circonstances atténuantes de la mort ? Je ne le crois pas et je conclus en écrivant que la meilleure façon de se construire un avenir est de le créer.

Laurent GUIBERT, Directeur Général de Kapitalium, à Nice, le lundi 20 avril 2015.

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s