Le chômage, un cancer social mortel pour notre économie. – Billet hebdomadaire de Kapitalium.

billet_500_eurosL’inactivité, volontaire ou non, présente des conséquences majeures pour notre pays et nos familles. Le déficit d’emplois participe à une ambiance pessimiste qui impacte fortement la croissance économique et la capacité à entreprendre.

L’Homme est fait pour travailler, pour produire ou délivrer un service, il doit satisfaire des besoins de reconnaissance et d’accomplissement. Je n’aborderai pas, ici, les facteurs macroéconomiques essentiellement politiques, en revanche je rends public cinq propositions, sans coût pour la collectivité, qui, selon moi, si elles venaient à être mises en œuvre, pourraient remettre quelques professionnels sur les rails.

Ma première proposition consiste à réformer l’assurance chômage pour « limiter » les abus et ainsi protéger les ayants-droit : le système serait alors basé sur une prime d’assurance BONUS-MALUS tout au long de la vie professionnelle. En plus, l’indemnité maximale d’un chômeur ne pourrait pas dépasser 1000 euros par mois et le droit n’excéderait pas un an. En Grande-Bretagne et dans d’autres pays équivalents, où le système est moins « généreux », il y a moins de chômage. Les fonds économisés sur la fainéantise actuellement injustement indemnisée, appelons un chat un chat, seraient dirigés au profit de la formation et de la gestion des virages de carrière.

En second lieu, je propose que nous déportions une partie des charges sociales supportées par les entreprises sur les revenus du travail vers d’autres revenus (au lieu de taxer le travail des hommes, nous pourrions taxer l’activité des machines et des ordinateurs). Les entreprises pourraient ainsi recruter plus facilement.

Il convient aussi de passer au contrat de travail unique où les droits se renforcent avec la durée du travail au sein d’une même entreprise, le concept d’égalité n’est-il pas écrit dans le marbre de nos valeurs ? Comment recruter si vous ne pouvez pas licencier ? Même si vous êtes passionnés par le Septième Art, accéderiez-vous à une salle de cinéma si vous saviez qu’il est compliqué et très coûteux d’en sortir ? Evidemment, non. Notre Code du Travail doit être revu.

Ensuite, même si je suis libéral et donc pour une diminution de l’assistanat, des impôts et des charges, je crois que l’économie ne peut pas nier l’Homme, elle doit même placer celui-ci au cœur de ses préoccupations considérant qu’il est, de facto, le premier vecteur de création de richesses. Je pose donc une résolution qui va déplaire aux conservateurs : une réforme totale de l’Education Nationale en un Ministère de la Formation (considérant que l’Education appartient, avant tout, au domaine parental). Le Ministère de la Formation Nationale serait audité sur ses résultats et les rémunérations de son personnel seraient liées aux performances, le rythme d’apprentissage serait adapté aux élèves et non pas aux enseignants syndiqués, les élèves apprendraient à lire-écrire-compter puis entre 15 et 17 ans, ils seraient invités à faire des choix d’orientation (ce qui  n’empêche pas des remises en considération), l’Etat imposerait un rapprochement entre l’école et les besoins des entreprises. L’apprentissage, y compris pour les métiers dits intellectuels, constitue la voie royale pour l’emploi.

En France, ce sont les PME qui créent les emplois. En France, en valeur relative, ce sont les PME qui payent le plus d’impôts. Nous devons donner de l’oxygène aux entreprises à taille humaine. Nous devons donc cesser de taxer leur performance (imaginez que nous procédions de la même manière en sport!) : le calcul de l’impôt sur les sociétés est basé sur le résultat net, nous devons prendre pour référence de calcul le chiffre d’affaires avec des variantes de taux en fonction de la nature des activités). Ainsi, les dérives d’optimisation se verraient limitées, et le retour d’entreprises mieux dimensionnées sur le plan éthique restaurerait un contexte économique et social qui a constitué la force historique de la France dans le Monde.

Selon l’INSEE, entre 2012 et 2014, 236.100 emplois marchands ont été détruits en France. L’évolution des salaires se trouve elle aussi impactée par cette dramatique statistique. Le chômage concerne tous les actifs et tous les citoyens. Les entrepreneurs sont des citoyens, ils ne sont pas là que pour faire du fric, ils ont un rôle particulier à assumer dans la société moderne et ils doivent donc porter des initiatives positives. Mieux, ils disposent, certainement plus que d’autres, des clés pour guérir de ce cancer social mortel pour notre économie. N’oubliez jamais qu’un clochard qui marche ira toujours plus loin qu’un milliardaire assis, l’homme ne doit pas cesser d’agir pour exister ou bien il devra se résoudre à mourir économiquement, socialement et moralement. Je conclus en écrivant que nous n’avons pas tout essayé contre le chômage et que nous pouvons encore faire beaucoup si nous le décidons vraiment.

Laurent GUIBERT, Directeur Général de Kapitalium, à Nice, le lundi 16 mars 2015.

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