Si, à 50 ans, tu n’as pas investi dans une PME, tu as raté ta vie ! – Billet hebdomadaire de Kapitalium.

billet_500_eurosLes marchés financiers européens viennent de vivre une semaine catastrophique, l’Euro Stoxx recule de plus de 6,4% en cinq jours seulement. Le taux de la croissance économique de la zone euro est proche de zéro, le risque de déflation est bien réel et les fluctuations monétaires sont potentiellement sources de déstabilisation des tissus industriels. A cela, s’ajoute les risques politiques ; il y a quelques jours, nous apprenions qu’une PME « made in France » de sous-vêtements féminins de grande qualité était contrainte de licencier un tiers de ses effectifs, en raison des tensions entre l’Europe et la Russie qui lui coupent des commandes. Les placements boursiers présentent d’autant plus de risques qu’ils sont difficiles à évaluer : la spéculation à court terme, les décisions des agences internationales de notation ou encore des défaillances techniques influent sur l’évolution des cours et les mouvements de capitaux. Pour le dernier cas précité, le grand public devrait être informé que des ordres de bourse « remarquables » sont transmis sur les marchés par des machines complexes, en fonction de logarithmes pré-paramétrés.

A contrario, même si le risque est loin d’être nul, l’investissement dans une PME peut faire l’objet d’une étude cartésienne de la part d’un investisseur sur la base d’éléments tangibles : la qualité du management, l’acceptation par le marché d’un ou de plusieurs produits et services, la pertinence du business-model et les perspectives de développement qui définissent les plus-values potentielles.  En Suède, les épargnants n’hésitent pas à mobiliser une partie de leurs économies dans des entreprises proches d’eux, remplissant ainsi, au-delà d’un objectif purement financier, une initiative pleine de responsabilité sociétale créatrice d’emplois et de formations au service de l’Humain. N’oublions pas que les PME réalisent 83% de notre PIB, constituent 57% de la valeur ajoutée et représentent 82% des emplois créés entre 1988 et 2008.

Nous sommes probablement face à un enjeu collectif : mieux expliquer le concept même d’entreprise, ouvrir le monde de l’économie réelle à celles et à ceux qui veulent créer au lieu de le réserver qu’aux seuls possédants, introduire davantage de déontologie dans nos systèmes de financements et de placements, et surtout, mettre l’individu au centre des préoccupations entrepreneuriales ; la comptabilité n’étant pas un facteur de bonheur. Certes, la Chine vient de devenir la première puissance économique mondiale, certes les USA demeurent la première force financière et militaire, mais la France innove et donne naissance à des TPE/PME à fort potentiel, et, si nous les aidons à grandir, nous nous assurerons des évolutions matérielles et morales positives.

Laurent GUIBERT, Directeur Général de Kapitalium, à Nice, le lundi 15 décembre 2014