« Mieux vaut agir, plutôt que de gémir » – Billet hebdomadaire de Kapitalium.

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Le marché du crédit en faveur des PME françaises est en panne pour une raison simple : les marges faibles liées aux bas taux des marchés monétaires rendent l’activité de prêt peu profitable pour les établissements financiers. L’une des causes de la faible croissance réside dans le fait que trop d’entreprises sont contraintes de retarder des investissements humains et matériels nécessaires en raison de trésoreries trop tendues. Les normes prudentielles BALE II et BALE III amplifient la raréfaction de l’offre de fonds pour nos PME, nous subissons un cercle économique vicieux.

Pour nos emplois, pour nos familles, pour assurer l’avenir économique et social de la France, nous avons un devoir : nous devons inventer de nouvelles sources de financement pour nos start-up, pour nos TPE et pour nos PME afin qu’elles puissent devenir les Entreprises de Taille Intermédiaire de demain dont nous aurons besoin pour nous nourrir, pour nous loger et pour nous réaliser pleinement. La France est un pays d’épargnants, il doit devenir une nation d’investisseurs dans l’économie réelle. L’heure de l’Assurance-Vie et des Livrets A est passée, leur rentabilité étant proche de zéro. Pour créer des emplois et donc de la richesse, et nous pouvons le faire en respectant l’Homme et son environnement, nos PME ont besoin de fonds propres, c’est-à-dire de renforcer leur haut de bilan. Elles ont aussi besoin de nouvelles solutions d’apports financiers, rappelons qu’elles constituent le premier vecteur de création de valeurs. Le Love Money, le Private Equity, le Crowdfunding, le Rachat Temporaire d’Actifs représentent d’intéressantes pistes alternatives au système bancaire classique. L’intermédiation bancaire, c’est-à-dire l’action de relais entre déposants et emprunteurs, ne doit pas être assumée que par des banquiers spéculateurs. Quant aux marchés financiers, il y a quelques années, dans l’indifférence générale, nous les avons bradés aux américains (et oui, la Bourse de Paris appartient aux américains, au New York Stock Exchange), que pouvons-nous attendre d’eux pour nous si nous ne reprenons pas la main dessus ?

Ensemble, nous devons réinventer des mécanismes innovants de financements pour réindustrialiser nos territoires, pour leur donner un dynamisme nouveau, pour redonner un moral positif aux forces vives et aussi pour assurer une vie paisible au plus grand nombre. Seule une économie au service des Hommes, faite et pensée par et pour eux, permettra de gagner ensemble et de satisfaire notre principale ambition : réussir nos vies.

Laurent GUIBERT, Directeur Général de Kapitalium,  à Nice, le lundi 24 novembre 2014.